Au fil de l’eau…

Je n’aurai pas le temps de découvrir l’intérieur de la forêt amazonienne mais par contre je l’ai traversée sur plus de 3000kms en bateau, en partie sur l’Amazone, le plus grand fleuve du monde. Voilà donc un aperçu de ce voyage au fil de l’eau.

Premier trajet: de Belém à Manaus. Un petit bateau. Nous sommes un petit groupe de voyageurs en plus des locaux : Agathe et Élodie, 2 francaises que j’avais rencontrées chez Fabio à Sao Luis où elles avaient logé également, Sol et Veronika, 2 argentines qui se sont rencontrées en voyage, Andrea (allemand) et Barbara (chilienne anciennement membre de Greenpeace) qui vivent au Chili, Sergio, un argentin (avec son « mate » évidemment), Paul, un allemand, et Ana, une portugaise.
J’essaie de discuter un peu aussi avec des Brésiliens, je progresse en portugais mais ça n’est pas facile… Comme sur le cargo, les journées sont rythmées par les repas: 6h-11h-18h. Pour occuper notre temps avec les autres backpackers nous passons de longs moments à discuter sur des sujets tels que les voyages, les déchets, l’environnement, l’éducation, le machisme, le féminisme, chacun donnant son point de vue: c’est vraiment intéressant. Mais la plupart d’entre eux descend à Santarém, à la moitié du trajet. Seules resteront les argentines et moi.

Observation de la nature et de la vie sur l’eau: le fleuve est immense, nous prenons parfois des petites branches d’eau pour couper, mais sinon sa largeur est impressionnante. Quelques dauphins timides, beaucoup d’oiseaux. Lorsque l’on est proche du rivage nous pouvons observer la densité de végétation de la forêt. Nous passons devant quelques maisons isolées mais aussi des petits villages avec église, école, enfants qui jouent au foot, des buffles, des vaches, des chèvres, un ou 2 cochons… Pour passer d’une maison à l’autre, cela se fait soit par un ponton, soit il faut prendre le bateau (il n’y a pas de route à l’intérieur de la forêt). Il y a beaucoup de petites barques à moteurs, aussi bien conduites par des adultes que des gamins de 11-12 ans. Plusieurs viennent s’attacher au bateau afin de vendre des produits de leurs cultures ou de la pêche.

Vue depuis mon hamac… Oui, oui, on était un peu serré !!

Des copains brésiliens

Avec les autres voyageurs

Arrivée à Manaus

Le vendredi 20/04, j’embarque à nouveau sur un bateau depuis manaus, direction Porto Velho. Il est plus grand et surtout il y a beaucoup plus de chargement, d’autant qu’une plateforme est rattachée à l’avant du bateau, transportant des motos et des voitures. Encore une fois, nous sommes bien serrés avec les hamacs. Même type de fonctionnement que dans l’autre bateau avec des repas parfois encore plus tôt. Au coup de sifflet il faut aller se ranger et faire la queue, car il n’y a pas assez de place pour que tout le monde mange en même temps. Pas de variation dans les menus: Petit déj : pain-beurre-café sucré-lait. Midi et soir: riz-spaghettis-haricots rouges- viande. Ça n’est pas de la cuisine gastro, mais ça nourrit bien. Et nous ferons 2 barbecues sur le pont à 9h du matin!

Occupation des journées : lecture, écriture, observation de la nature (crocodiles, dauphins roses, oiseaux en tout genre), et bavardages: petites discussions avec les brésiliens (je ne maîtrise vraiment pas assez le portugais…), mais longues discussions avec les vénézuéliens (c’est plus facile en espagnol 😉). Il y a en effet une grosse communauté de vénézuéliens à bord : certains migrent afin de trouver du travail, (laissant parfois leurs enfants à leurs parents à qui ils enverront de l’argent dès qu’ils le pourront) car la crise est catastrophique au Venezuela et le peuple meurent de faim (salaire à 1 dollar par mois en ce moment !), et d’autres sont des réfugiés politiques, menacés par les autorités pour s’être opposés au régime en place (à savoir le Président Maduro) et qui ont dû fuire le pays. Ils me racontent chacun leur tour leur histoire mais me vantent par ailleurs la beauté de leur pays qu’ils me conseillent vivement de visiter une fois que la situation se sera arrangée.

Il fait une chaleur folle la journée, ponctuée parfois par des pluies diluviennes. Mais la nuit il fait frais. Nous avons pris pas mal de retard car nous avançons lentement à cause du poids du bateau, et du fait que nous allons à contre courant.

Le bâteau-scolaire

Barbecue du matin
Beaucoup de chercheurs d’or sondent le fleuve en permanence avec ses bateaux

Photo de groupe avec tous les vénézuéliens du bateau

Pour résumer, un voyage qui m’a paru hors du temps. Observer, converser en perdant la notion du temps et des jours. Nous étions dans une bulle (pas de possibilité de s’échapper, d’autant que sur le second trajet nous n’avons fait qu’un arrêt assez proche de la fin), presqu’aucune connexion internet (nous avions la télé par contre … que les brésiliens regardaient en général le soir).

J’avoue tout de même que cela fait du bien de revenir sur terre et de marcher. J’éprouve comme une sensation de liberté après avoir vécu dans un espace restreint comme cela…

Publicités

2 commentaires sur « Au fil de l’eau… »

  1. La vie a l’air douce sur le bateau au fil de l’Amazone… mais quid des moustiques?
    En tout cas, ton article fait un peu mal le jour où Maduro est réélu « triomphalement »

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s